La gaieté et de la joie de vivre se rencontrent, oh surprise, chez des gens au destin lourd et parfois triste. J’en ai pour preuve deux souvenirs récents.

Enthousiasme communicatif

J’étais dernièrement à Paris. La ville lumière, autrefois synonyme de cité éclairée, ressemble de plus en plus à une bougie en toc. Des Parisiens, pas du tout éclairés, stressés, enfermés dans leur casque audio ou téléphone portable croisent dans la plus grande indifférence des SDF, des migrants, des paumés… Deux mondes se côtoient. Tous deux se noient aux abords de la Seine. Pourtant, j’ai été conquis par deux rencontres. J’attendais dans le quartier de Beaubourg un tuyau d’un de mes correspondants. Étant en avance, je me suis confortablement installé à la terrasse d’un café : Le chouchou bar (il me porte bonheur !). Chouchouté, j’observais les passants : que des insupportables cravatés sans vie ou des touristes blasés et bridés de tout soupçon de vie. Leur manque d’enthousiasme m’auraient presque fait sombrer dans l’alcool. Heureusement, alors que je m’apprêtais à commander un whisky bien frappé, j’entendis des rires. Aussitôt, mon cerveau se fit son cinéma. Pour lui, la scène ne pouvait venir que d’un cadre explosant sa joie après avoir remporté un gros contrat. Ou il s’agissait d’une jolie fille venant d’apprendre que son prince charmant débarquait. Non je levais les yeux. Et là, je dus me frapper plusieurs fois les joues pour sentir que je ne rêvais pas. Il s’agissait… je conserve encore le suspense deux secondes, d’une femme éboueur africaine en train de ramasser des crottes. Son enthousiasme était communicatif.

Le migrant arborait un visage souriant, calme, serein

Fonceur, notre hôte avait rejoint un programme d’intégration

Comblé par ce moment de bonheur, je marchais, en chantant, dans les rues de notre superbe capitale. Au bout d’une demi-heure avec des sons d’allégresse plein la tête, je rentrais chez une amie qui m’hébergeait. Christine me présenta Jamal, un migrant afghan. Le jeune homme avait le visage souriant, calme, serein. Et pourtant sa destinée avait été très mouvementée. Il avait quitté son pays il y a trois ans. Avant d’arriver dans notre soi-disant pays de la liberté, il avait croupi pendant deux mois dans une prison turque. Libéré, il passa deux ans dans une autre cellule : les trottoirs parisiens. Finalement après des jours et des nuits, à survivre et à rêver d’un peu de chaleur humaine, il obtint son statut de réfugié. Fonceur, notre hôte avait rejoint un programme d’intégration où il apprenait le français. Il parlait déjà notre langue avec un accent enthousiaste. Et chose primordiale, on lui avait proposé un vrai job : peintre en bâtiment. Loin de maudire ses tristes souvenirs, il me dit qu’il croyait en son avenir et à la nature humaine.

Je lâchais mes petits bobos de nantis pour trinquer avec lui, religion musulmane oblige, avec un grand verre d’eau minérale ! Je pris la résolution de partir en… Afghanistan pour connaitre les mêmes joies!!!

A bientôt pour échanger des idées qui migrent vers la bienveillance. Vous pouvez me retrouver lors d’une de mes formations ou sur le site lesmotssereveillent.fr.

Pour en savourer plus :

Des livres

Une vidéo du site du Monde qui explique bien le phénomène.