En ces temps d’hyperactivité, je serais un brin provocateur. Je vais vous conter l’ennui, rassurez-vous positif. Je sens que ce mot réveille vos oreilles ! J’ai gagné ! Je vais tenter de vous faire comprendre qu’il est urgent de se débrancher d’internet.

Nous consultons tous les jours des millions d’informations, d’emails, newsletters…

24h sur 24h, nous sommes branchés sur nos tablettes, ordinateurs, montres connectées, nos bidules insupportables… Les adolescents font encore plus fort, ils vous parlent, mangent, dorment et en même temps, ils consultent leurs textos remplis de : ok, moi ça va, T où ? 50% des Français dorment avec leur smartphone allumé à proximité.
Nous les « sages web adultes » nous consultons tous les jours des millions d’informations, d’emails, newsletters… Sans rire, le patron de Google déclarait il y a quelques années : « On ne s’ennuie jamais ». Résultat, de gentilles pubs nous invitent à sortir notre carte bancaire pour la grande joie de sites basés en Chine. Bref, on voit jaune sans le savoir. Nous sacrifions notre temps, notre énergie pour une pseudo-communication alors que nos vrais amis du bout de la rue attendent une parole chaleureuse servie avec un bon thé.

«Se déconnecter, c’est du temps volontairement consacré à se faire du bien.»

Vous permettre de vous ressourcer, d’avoir 10 000 idées, de redonner de l’énergie

Pour vous brancher avec votre mythique voix intérieure, je vous propose de vous déconnecter de cette folie virtuelle. Je vous suggère de ne plus rien faire et de prendre le temps de s’ennuyer un peu tous les jours. Faites comme le préconisait l’écrivain visionnaire allemand Siegfried Kracauer… en 1924, oui, en 1924, alors que même le téléphone était rare : « Ennuyez-vous contre les agressions de la vie moderne ». Il poursuivait : « Passez un après-midi dans un hall de gare, ou mieux chez vous, fermez vos rideaux un après-midi ensoleillé et abandonnez-vous dans le sofa à vous ennuyer ! ».
Alors, parés pour ne rien faire, méditer, buller… vous verrez que cette activité hautement active vous permettra de vous ressourcer, d’avoir 10 000 idées, de redonner de l’énergie à vos neurones, de vous cliquer avec votre personnalité profonde. La philosophe et psychologue clinicienne à l’Université de Lausanne, Alexandrine Schniewind s’est posé la question. Elle dépose dans Fémina sa judicieuse réponse : « C’est du temps volontairement consacré à se faire du bien ».

Segmenter son travail en micro-tâches

Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche à l’ISERM, propose dans Santé Magazine « de segmenter son travail en micro-tâches durant lesquelles on est entièrement à ce que l’on fait… ». Fini l’envoi de mails, alors que l’on est au téléphone, on mange, on joue à des jeux…

Terminé de parler, je passe à l’action… Je vais parcourir les emails de mes admiratrices, lire des news, répondre à des pétitions, « skyper »… J’en ai pour seulement 40 à 50 minutes ! Mais juré-craché après je me débranche… jusqu’à la prochaine fois !

A la semaine prochaine, au pays des consommateurs de paresse, du bon sens et du plaisir de provoquer de joyeux moments d’hyper paresse ! Ou lors d’une de  mes formations ou sur le site lesmotssereveillent.fr.

Pour en savourer plus :
Des livres : Odile Chabrillac , Petit éloge de l’ennui, Ed. Jouvence
Catherine Lejealle, J’arrête d’être hyperconnecté ! Ed Eyrolles
Un site sur la slow life : laslowlife.fr